Vis ma vie de poulet tandoori

24 07 2009

J’habite dans un four. La température ambiante est savamment calculée pour ne pas nous frire : si nous sommes rouges vif, ce n’est pas à cause des rayons mais d’une espèce de pâte qui se dépose sur notre peau le matin et gagne toujours en épaisseur. L’art de cuire, c’est un art de la mesure comme dirait Plateau. Il faut prendre son temps, maintenir l’étouffée non-stop pour que la viande rejette tout son jus. De temps en temps, pour nouz faire une belle sauce, on nous balance une volée d’eau qui fait de gros pschiiit en s’évaporant, et une fumée comme un gaz d’échappement… Même épaisseur, même odeur, même vapeur quoi. Au moment où s’éteignent les lumières, on sait qu’on est cuits. Et là il faut faire gaffe aux carnivores qui n’attendent que de planter leurs petits couteaux dans notre grosse chair bien dodue ! Pour l’instant, on n’y est pas passés. On est un peu des tandoori de luxe, poulets fermiers élevés en plein air, destinés à la table des dignitaires… Un peu de respect que (palette à la) diable, on n’est pas des rôtis !

Hier c’était la fête, on nous a présenté de très belles papillotes ; on a même aperçu quelques diplomates sur la table. Mais alors tout ce beau monde, ça ne cuit pas de la même façon. Ca ne rend presque pas d’eau alors que ça n’arrête pas de se faire retourner… Les papillotes se font évidemment farcir par le premier venu, et quelques fois arroser de vin blanc. Elles sont toutes rangées l’une à côté de l’autre, bien roulées, mais vraiment banales en termes de goût. Les diplomates les lorgnent mais se réservent pour le dessert. Qu’est-ce qu’ils sont mous ! Imbibés d’alcool pour certains, et discutant sans la moindre courtoisie avec leurs avatars indiens qu’ils appellent Babas. Mais attention, sous leurs dehors tout sucre et tout miel, ils en tiennent une sacrée couche de crème. Forcément, après autant de siècles d’existence, ils sont un peu une recette en fin de race.

Ca y est, j’entends la minuterie qui gueule. Elle est horrible, elle sonne tout le temps. Mais cette fois je crois que c’est pour nous… Il va falloir négocier notre garniture, pas question de se faire dévaluer ! …On est des poulets, pas des pigeons.

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28 08 2009
Aline

Bonjour ma chère amie !
Esther m’ayant vanté les mérites de ton blog, je me suis empressée de le visiter. Foutre Dieu, elle n’a pas menti ! Il est tout simplement magistral : je me bidonne devant tes grâcieuses nouvelles de l’autre bout du monde : merci de nous faire rêver.
Je reviens de ma colo vosgienne : ahaha ! Je fus entourée d’anims incompétents (sauf une) et d’un directeur aux allures de mollusque (« Aurélien, on a perdu un enfant ! -Ahhh… long silence puis la conclusion qui s’impose : Il va falloir le chercher alors….. ») mais les mômes m’ont bien fait rigoler.
Je continuerai à me promener sur ta toile tandoorienne.
A très vite !

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