Mario Kart

6 09 2009

Scène banale : la poursuite james-bondienne sous prozac.

Protagoniste 1 : le cycle-rickshaw, c’est-à-dire un mec aux jambes d’acier qui pédale pour tracter jusqu’à trois personnes. La chaîne est rouillée, déraille très souvent, le petit toit anti-pluie est fixé de manière à protéger l’avant-front du passager tandis que le siège en nappe de cuisine imperméable le fait glisser petit à petit vers les fessiers du pédaleur. Fessiers par ailleurs très impressionnants.

Protagoniste 2 : le moine bouddhiste chinois en mission à Delhi, dans son bel uniforme safran. Lui aussi sur un rickshaw. A son côté droit, un sac Reebok ; à son côté gauche, une main qui tapote nerveusement tout ce qu’elle trouve pour évacuer le stress du transport.

Protagoniste 3 : le mec sans occupation. C’est un humain de taille moyenne, corpulence moyenne, qui passe visiblement sa journée à parcourir en vélo les rues de la ville. Il ne va pas vite, il ne tourne jamais, il admire le paysage. De temps en temps il s’arrête pour faire pipi contre un mur de la démocratie*.

Personnage bonus : le bus magique qui s'en sort toujours

Personnage bonus : le bus magique qui s'en sort toujours

Le rickshaw n°1 pédale en rythme croisière, son GPS interne spécial « Je fais le même trajet 20 fois par jour » le guidant d’une main de fer rouillé dans un gant de… Non pas de gant, c’est trop cher. Quand SOUDAIN ! ! !** à sa droite, surgit le rickshaw-Bouddha. A sa gauche, le Vélo de l’Ennui le cadre. IL EST CERNE !

Toumtoumtoumtoum (musique d’ambiance assurée par les klaxons Maruti, les perroquets et les vendeurs de glaces [pouët + kriii + aaye = toumtoumtoumtoum]). Les trois compétiteurs s’observent. Rickshaw n°1 crache par terre d’un air de défi, Rickshaw-Bouddha réplique en approchant dangereusement ses roues de son voisin. Le vélo tente un dépassement par la gauche : il atteint les 25 km/h, ce qui le fait avancer environ 1,2 fois plus vite que les autres.

Le suspense est à son comble. Rickshaw n°1 se couvre de gouttes de sueur. Mais il ne peut abandonner ! (« Oh non, il ne peut abandonner ! » – merci). Alors, il tente le tout pour le tout… Le décompte électronique du carrefour indique 20 secondes avant le feu vert. Une voiture normale s’élance à 10 secondes. Il y va.

Toute cette scène se déroulant dans une lenteur incommensurable même avec 2 m***, le passager de Rickshaw n°1 a largement le temps de flipper sa race le dauphin et de se demander, en vrac : « Quelle heure est-il ? », « Combien de roupies supplémentaires coûte une course à haut risque ? », « Le monde ne serait-il pas plus safe si personne ne prenait le code de l’honneur de Jet Li au sérieux ? », « La gravité peut-elle supporter un virage à 250° ? », « Reste-t-il du Nutella à la maison ? », « Combien de tonnes peut bien peser un camion Tata ? »…

Rickshaw 0 - 1 Vache

Rickshaw 0 - 1 Vache

*Chaque College de la fac a son « Wall of democracy », sur lequel les étudiants collent des affiches faites à la main (toujours cette histoire de pingouins qui impriment trop de conneries).

**Pour tout renseignement sur la compagnie de production d’éléments perturbateurs Suspensylvannie, merci d’envoyer une lettre de votre choix (Y exclus).

***Je suis TRES fière de celle-là.

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7 09 2009
Dexter

La vache (1 point, oui, je sais), tu risques ta vie chaque jour là-bas !

Comme quoi, on dit des taxis parisiens, mais en fait…

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