Le bus fantôme

3 01 2010

Décidément, il doit y en avoir toute une gamme.

Le dernier que j’ai vu (enfin, pas vu) était à Mamallapuram – 30 temples, 30 habitants, 30 cafés internet, 1 ATM. Ma carte de crédit ayant refusé de fonctionner au seul point de retrait possible, I was left with 76 roupies en tout pour rejoindre l’aéroport de Chennai. Pour vous faire une idée, un menu McChicken coûte 100 roupies, un taxi pour l’aéroport 800. Mais miracle, le Lonely Planet m’indique que le bus 108B ( !!! 108B !!! vol de chauve-souris s’il vous plaît, contrebasse merci) fait la liaison directe quatre fois par jour pour 23 roupies.

Ce n'est pas lui

Je vais donc voir le gros monsieur en bleu avec un sifflet à la gare des bus, qui me dit : « QUATRE-DEUX-CINQ. » … Perplexité. En fait il voulait dire que le prochain partait à 4:25. C’est cool, mais arrivé 16h25… Pas de bus. Ou plutôt, 50 bus qui arrivent et repartent dans un bain de sang où les femmes enceintes piétinent les vieillards pour attraper une place assise, les bus penchés d’un côté à cause des dizaines de gens accrochés comme des petites fourmis obstinées par un seul petit doigt à la portière. Le tout dans un trafic intense et intensément sadique : on voit le bus arriver de loin mais comme il avance très lentement on passe 20 minutes à mourir d’anxiété, en commençant à s’imposer aux voisins en l’absence totale de queue et en ne sachant pas où il se garera finalement.

A 17h00, super : un bus 108B ! ( !!! 108B !!! petites cascades et parfum de rose, merci mais ça empeste le salon putain mon tapis tout neuf tout mouillé). Vérification superflue : « Vous allez bien à l’aéroport ? » Réponse : « Ah ben non ! »

Ce n'est pas lui

Comme ça passent trois ou quatre bus 108B, chacun avec une destination différente. Je demande donc aux employés si ce bus pour l’aéroport existe vraiment, à quelle heure, quel numéro, s’il n’y a pas une grève ou des vacances spéciales aujourd’hui. Sur 4 employés présents, 3 me répondent systématiquement « Gn » et l’un m’assure que tout va bien dans le meilleur des mondes – le bus a juste un touuut léger retard.

Ma limite de départ pour avoir l’avion : 18h. Vers 17h30, je commence donc à paniquer. Là-dessus les taxis se ramènent et font leur coup préféré pour attraper le client : « Le bus a été supprimé »

A quoi je hurle en pleurant : « WTF THERE BETTER BE A BUS désespoir explications cris et larmes jusqu’à épuisement du stock »

« . »

« HEIN ??? »

« Oui euh ya bien un bus je rigolais voyons voyons c’est le business tu comprends hihihi bonne journée ! »

Ce n'est certainement pas lui

Finalement, à 17h50 un brave paysan vient me voir pour m’expliquer la vie : des fois le bus passe, des fois il passe pas. Quand il y a trop de trafic à l’intérieur de la ville il fait juste une halte au bord de l’autoroute à l’extérieur. Conclusion du cerveau noyé d’adrénaline : tu l’as raté, le bus à 23 roupies.

PS : à 17h55 un Western Union s’est découvert à mes yeux bouffis et mon dos cassé par le gros sac, avec sa pancarte « Visa contre Cash » ( !!! petits oiseaux et trompettes célestes du Marcellus Big Band). J’ai donc pu récupérer assez d’argent pour prendre un taxi, arriver à temps et même m’acheter un sandwich au paneer.

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One response

3 01 2010
J

OMG, quelle épopée !

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