Trucker Power

3 07 2011

Docteur Franchul, question du jour : « Comment occuper ses soirées quand on fait du vélo dans les Himalayas ? »

La National Highway* fait à peine meilleure figure qu’un sentier du Mordor, les rares échoppes de villages n’ont rien qui s’apparente à des produits de consommation, et le menu des dhabas du bord de route se limite au combo « lait-soupe-daal » (LSD). Vous plantez la tente et vous soupirez de béatitude. L’âme embaumée par l’odeur des montagnes, les hi-han des ânes et la tentative indiscrète d’un villageois de déféquer 100m plus loin.

Comment occuper la soirée ? Il y a bien les étoiles, mais vous ne savez plus trop si Orion vise le petit triangle à gauche en diagonale avec Vénus. Ah non ça c’est le Kamasutra. Il y a bien l’écriture, mais votre carnet en mousse à design « panthère » est presque rempli. Il y a bien la méditation, mais… oh non merde.

Bingo : il suffit de trouver les routiers !

The Expendables

Notre ami Daulat Ram, rencontré autour d’un bon plat de LSD, en est l’exemple parfait. Sa famille vit à Chandigarh et ça fait plus de 15 ans qu’il pilote des Tata de 35t sur les tournants de l’Himachal Pradesh. Il en a vu, des accidents, et il en a bu, des remontants.

Tout commence par LE signe de fraternité virile : les biris. NB : Bien entendu la blanchette de passage est intégrée d’emblée dans la « fraternité virile », si elle aussi fume des biris. L’encodage « gender-culturel » des routiers est facilement leurré par une voix enrhumée et des cuisses de cycliste.

Un cavalier, qui surgit hors de la nuiiit

Ensuite, on socialise peu à peu autour d’un fourneau, à regarder le LSD cuire et siroter un thé au beurre épais comme ma semelle. On se raconte ces bonnes vieilles histoires d’éboulements sur la route, de prières, de roues qui lâchent sur un pont… Haha, ya 20 ans c’était aut’ chose quand yavait pas le bithume !

On s’en paie une bonne tranche, et puis les cuisses de cycliste enrouées d’en face parlent de trucs drôles comme la ville, le vélo, le bouddhisme et l’armée. On se récite du Bollywood, des poèmes en ourdou et des chansons paillardes.

Le repos du guerrier

Ensuite, le stade ultime. Daulat Ram nous invite dans son camion – son sacro-saint tapissé de velours et de guirlandes électriques. Il fait apparaître des verres, des assiettes, vous reprendrez bien un peu de LSD… La boîte à gants s’ouvre et il en tire une bouteille de whisky McDowell’s. La soirée est gagnée.

*Et nous ne parlons pas ici de la Route du Teusch, bien qu’elle se confonde tout à fait avec la NH 22.

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