SàV

28 09 2013

Le Ikea-wala, qui comme on l’a vu est un seul esprit dans une dizaine de corps sous-alimentés, n’est pas qu’un fournisseur de produits. Il est attentif à ses relations clients et développe de vraies stratégies de fidélisation.

Il y a d’abord le coup classique : la dette. Quand M. Propre aka l’homme-qui-vient-faire-le-ménage finit par se pointer, il demande un forfait à l’heure plutôt qu’au mois. Le client est flatté : au lieu d’un abonnement où chaque jour de congé pris sans prévenir serait définitivement perdu, il aura un plan de consommation super flexible et ajusté à ses besoins en temps réel. Mais du coup, quand M. Propre veut s’en jeter un petit dernier derrière la cravate, il vient toquer pour demander une avance sur la fois d’après… Rompre le cercle des paiements décalés est ensuite à peu près aussi dur que de résilier un abonnement SFR.

Il y a ensuite la technique de la dépendance. Une fois que M. Plantes t’a vendu ses plantes, il assure la maintenance avec un zèle qui ferait pâlir Darty. Le lendemain : « il faut mettre du produit antiparasites !!! 100 Rs par pot. » Le lendemain : « il faut mettre un petit plat en-dessous pour pas salir votre sol !!! 45 Rs par pot. » Le lendemain : « il faut remettre du produit antiparasites !!! 100 Rs par pot. » Le lendemain : « il faut les arroser plus… 50 Rs par pot ? » Tout ça pour que tes plantes crèvent d’un excès de pesticides.

Il y a aussi la peur. Comme dans les aéroports quand les portails de sécurité sonnent de manière aléatoire, M. Poubelle vient réclamer son salaire à des dates sans rapport afin de maintenir l’angoisse. Il te le réclame comme une évidence. Ne sachant plus si le paiement d’hier était pour aujourd’hui, le mois dernier ou dans 3 ans, tu tentes vainement de te souvenir combien c’était la dernière fois et si ta coloc n’a pas déjà payé pour cette semaine et si tu as de la monnaie et… Le front suant, les yeux perdus, tu finis toujours par donner pour qu’il cesse de surgir au petit matin.

Il y a enfin la rareté. En disparaissant de la circulation sans laisser de numéro ni d’adresse, M. Recyclage t’oblige à aller le chercher. Il te rend demandeur, in need, prêt à tout pour venir lui vendre tes Hindustan Times couverts d’annonces matrimoniales et tes bouteilles de Kingfisher vidées. La première transaction te donne accès à un cercle privé de connivence marchande : toi, lui et les autres clients savez seulement que vous êtes du même club, mais les rendez-vous sont tenus secrets. Et lorsqu’il vient sans prévenir crier « kaaabaaadiiiiiii » en bas de chez toi, de peur qu’il disparaisse à jamais, tu lui files tout pour un prix ridicule.

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