Congrégation

8 10 2013

Les petites villes, contrairement à leurs grandes sœurs hystériques, ont toujours leurs rendez-vous incontournables. C’est mignon.

Vers 16-17h tous les jours, le Cafe Coffee Day de Dehradun – qui est d’ordinaire un désert de pop Bollywood agressive et de pseudo pâtisseries dégueus – trouve momentanément son public : tous les businessmen casual de la ville viennent se donner des accolades et parler investissement. Parce que oui, c’est hélas le seul endroit à la fois propre, muni de fauteuils, d’un choix de plus de deux boissons et d’un semblant de décorum. Ce qui en fait un rendez-vous in-con-tour-nable.

Le vendredi soir, les bus qui sillonnent habituellement le Garhwal pour larguer leur lot de vieil alcoolique*, d’ouvriers consciencieux et de mères en sari changent tout d’un coup de foule : ils sont remplis d’étudiants qui rentrent pour le week-end, tout propres et frais dans leur jean et leur iPod. C’est une migration saisonnière un peu décapante, mais ils n’ont pas de voiture et pas les moyens de prendre une jeep. Le bus stand de Dehradun devient alors soudain the place to be pour quelques heures.

Aux environs de la mosquée pluricentenaire, les appels à la prière bizarrement ne provoquent pas masse mouvements ; mais la tombée du soir sonne l’ouverture des ventres. Tout le monde conflue sans concertation vers la petite rangée de dhabas qui ont leurs brochettes de poulet en devanture, parce que c’est juste trop bon et qu’apparemment la mughlai food s’apprécie au mieux à 19h03. Et aussi peut-être parce qu’à partir de 19h13 ça craint.

Et en face de Gandhi Park, le seul mais très réussi jardin municipal, il y a un mec qui vend des momos (dim sums), des Maggi (nouilles) et du cold coffee (froid café) – la Sainte Trinité de la Bouffe Etudiante. Il est donc envahi à des heures très précises, qui correspondent aux sorties des 3 lycées environnants. Flux, reflux : ceux qui ont fini vont fumer en cachette dans le parc et ceux qui ont cours prennent soin de ne pas manger trop vite.

Projection figurative de la morphologie urbaine de Dehradun

Projection figurative de la morphologie urbaine de Dehradun

*Faut pas exagérer, yen a rarement plus d’un par bus. Mais il y a un bus toutes les 5 minutes.

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