Peter Bhang

2 12 2013

Il y a un pays magique où l’on ne grandit jamais : Hippieland. Pour le trouver, suivez les Israéliens et l’odeur de la beuh.

Vous êtes arrivé.

Vous êtes arrivé.

Manali, Pushkar, Goa, Varanasi, Gokarna, Kasol, Malana sont autant de portails interdimensionnels vers le monde du chillin’. Des hordes de jeunes gens s’y précipitent pour acheter des pulls en laine asymétriques, des bagues en bois et des bracelets de cheville ; qu’il fasse 30° ou -30°, c’est la même camelote qu’une société secrète de vendeurs de rue se refile de loin en loin. Le mot d’ordre est d’arriver nu comme un enfant des bois et de repartir chargé de produits de consommation chinois, l’âme étant ainsi efficacement lavée et purifiée.

La communauté se reconnaît immédiatement et se retrouve parfois d’une étape à l’autre, à 2000 km de distance. Mais l’ubiquité des repères trouble un peu l’orientation, puisque tout est copié-collé d’un spot à l’autre : « Hey maaaan, I saw you in Om Café nah?! The one in Manali?… The one next to Shanti Café? I mean the Shanti Café next to the ashram? I mean the ashram that… Oh, crap. » Des amitiés faciles se nouent alors autour d’un feu de camp ; on échange des tips pratiques sur le meilleur houmous de la ville, le planning des descentes de police, les livres d’épanouissement personnel. Ca confond allègrement le Rajasthan avec le Tamil Nadu, Osho avec le judaïsme, la liberté avec le libéralisme, le rêve avec la réalité, son cul avec une trompette. Ca parle d’initiales (LSD, DMT, MD) et de d’initiés (les Beatles, Gandhi, ta mère). Ca s’émerveille de beaucoup de choses, tout en n’étant curieux de rien.

Quand ils ont un rhume, ils craignent la pneumonie ; mais comme ils sont contre les médicaments et qu’en même temps ils ont renié leur grand-mère, ils ne savent pas quoi faire, et à défaut avalent des litres de thé au gingembre en se faisant transpirer sur la plage. Quand ils voient un rocher ils veulent immédiatement l’escalader, mais ils ne savent pas descendre alors ils sautent et ils se cassent l’orteil*. Mais tous ces grands enfants sont finalement très touchants. Le plus triste, ce sont les Israéliens : de retour de 5 ans de service militaire, on peut comprendre qu’ils meurent d’envie de s’exiler 2 ans sur le hippie trail en se noyant dans un Styx de drogues. Dixit un grand baraqué chevelu : « Avant j’aimais bien me chamailler avec mes frères, mais depuis que j’ai été endoctriné à la krav-maga je leur fais beaucoup trop mal sans faire exprès. La guerre, c’est moche. »

 

*Par contre les dreadlocks amortissent le choc en cas de vol plané, véridique.

 

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2 12 2013
guiguindia

Merci Flo, ça fait tellement du bien, je cherchait un article de cette veine sur ce sujet, acide et caustique, je l’ai trouvé 🙂 Chill bro, peace, et à bientot au Ganga Café (mais si celui d’ou tu sais !).

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