Activité n°1 de la femme au foyer : le balcon.
La Mère sort de sa tanière, en robe de chambre fauve tissu éponge rayée de noir, les cheveux huilés. Elle pose ses pattes sur le rebord de la terrasse. Tapote. Observe. Tapote. S’ennuie.
Puis vient la femelle alpha du numéro suivant : son instinct l’a prévenue qu’il était l’heure de papoter. Elle sort à son tour, même équipement, et bâille pour faire genre.
La première Mama n’est pas dupe. Elle entame la conversation : « Namasté ! Ca sent bon chez vous… » Et c’est parti pour 2h30 de babillage, comment vont les enfants, et comment tu fais ton chicken biryani, et t’as vu le gardien a augmenté de 100 roupies, et l’électricité qui coupe, et l’hiver qui arrive, et mon cousin qui vient demain, et le premier ministre, et le nouveau métro, et le garçon qui a passé la nuit chez les voisines étudiantes…
La voisine étudiante arrive à ce moment-là (invariablement). « Namasté ! Ca sent bon chez vous… » Et c’est parti pour 10 minutes de silence souriant. Ca va, ca va. Bon. Faut que je retourne au chicken biryani. Mais venez manger demain à la maison !*
*Ca fait 3 mois qu’on doit aller manger chez 3 de nos voisins cette semaine, prendre le thé chez eux dès demain, sortir manger une glace dans 10 minutes. Mais on ne leur en veut pas, on cuisine tellement mal qu’on ne pourrait pas leur rendre la pareille…**
**A ce propos, merci Wiktionnaire : « Seul la graphie “au temps pour moi” est valable , “autant pour moi” fût inventé bêtement par des crétins écrivant comme il parle, je trouve dommage que la bêtise et la dislectie de grand nombre de smicards influe à ce point on devrait se faire enfermer lorsqu’on est si crétin ! » La paille dans l’œil du voisin, OUCH le parpaing dans ton nerf oculaire gauche.